Biographie et naissance du projet photographique

Donnons un visage à la maladie psychique...

Portrait anne 1   Anne Betton est née le 9 juin 1978 à Nancy et est issue d’une famille de quintuplés.

Passionnée par le dessin et la peinture depuis son plus jeune âge, elle intégrera l’Ecole Boulle à Paris où elle passera 5 ans dans la filière des métiers d’art, après avoir grandi en Rhône-Alpes. Elle suivra ensuite des cours d’Histoire de l’art à l’Université d’Aix-en-Provence avant d’intégrer la cristallerie Lalique (groupe LVMH) en Alsace où elle sera chargée des finitions des moules en métal dont les décors puisent leurs origines dans la faune et la flore des 5 continents.

Elle rejoindra ensuite une fonderie en région parisienne où elle collaborera avec de nombreux artistes dont Jean-Michel Folon. Le fils de ce dernier, François, est autiste et son univers a fortement influencé l’œuvre de son père.

Suite à une séparation affective douloureuse, elle décide de s’éloigner du monde artistique et reprend des études en Communication des entreprises. Assistante puis chargée de communication au sein d’un mouvement patronal, elle intégrera TPS (la Télévision Par Satellite) en qualité d’assistante de la Directrice Générale Adjointe, également en charge de la communication de la marque. Elle quittera ce poste au moment de la fusion avec Canalsatellite et partira travailler au Luxembourg dans une société financière où elle sera la seule francophone. De là, elle suivra son compagnon jusqu’à Londres où l’échec de sa relation l’amènera à cohabiter avec une famille indienne. Suite à la chute de Lehman Brothers, les emplois sont gelés. Elle revient alors sur Paris avant que la crise ne s’étende davantage et intègre le service Trésorerie d’une grande société à Levallois Perret.

Diagnostiquée bipolaire en 2009, elle ira de phases maniaques caractérisées en phases de dépressions majeures et sera internée en psychiatrie à plusieurs reprises. Cela ne l'empêchera pas, comme de nombreuses personnes vivant avec un trouble psychique, de continuer à évoluer professionnellement dans le milieu dit ordinaire du travail.

Stabilisée grâce au Professeur Sarfati et à un traitement adéquat, elle décide de s'installer à son compte afin de mieux anticiper et gérer les phases de la maladie et exerce depuis dans le domaine de l'immobilier où la photographie s'avère être une donnée essentielle. Plus à même de gérer ses émotions, elle décide néanmoins de faire de son hypersensibilité une force et renoue ainsi avec le domaine artistique en s'inscrivant à des cours de photographie. Avec le projet qui vous est présenté ici, la photographie lui prend de plus en plus de temps. Il n'est bientôt plus possible de gérer son travail dans l'immobilier et son activité photographique, ce qui l'oblige à faire un choix. C'est ainsi qu'elle se professionnalise et devient Photographe-auteur.

Décidée de se servir de ce moyen pour lever le voile sur ce qu'est la psychiatrie aujourd'hui en France, son but est de porter sur le devant de la scène ses anciens compagnons d'infortune pour leur donner toute la place qu'ils méritent. Car, plus grave que le handicap visible, le handicap psychique prive celui qui en est atteint de toute liberté, en l'empêchant de s'insérer socialement, le contraignant à rester en marge de la société, cantonné à des structures hospitalières ou à des emplois sous-payés dans des établissements spécifiques dont il est difficile de sortir pour intégrer tout type d'entreprises de plus de 20 salariés, pourtant soumises depuis 2005 à l'obligation d’emploi de personnes handicapés pour 6% de leur effectif.

Malheureusement, lorsqu’une personne atteinte de handicap psychique postule à une offre réservée via les structures spécialisées, alors qu’elle devrait être prioritaire elle ne l’est pas. Du fait de sa non visibilité, l’employeur potentiel demandera automatiquement le type de handicap dont elle est atteinte et son impact au quotidien, ce qui aura pour conséquence de lui fermer les portes du monde du travail et donc de la reconnaissance sociale et de l’autonomie.

C'est pourtant en entreprise que s'opère une vraie mixité sociale, permettant ainsi au malade une vision concrète et accessible de ce que peuvent être des "jours meilleurs".

Dans le premier pays consommateur de psychotropes au monde, où 75% de la population prend ou à pris ce type de médicamentation, il lui semble important de contribuer à briser le tabou de la souffrance psychologique. Cette souffrance impalpable que beaucoup tenteront d'oublier dans les conduites à risques telles que l'alcool ou la drogue, s'éloignant ainsi tous les jours un peu plus de notre réalité.

C’est leur réalité qu’elle tente de saisir et de mettre en images, à travers ce projet photographique initié en 2014. En parallèle, elle continue de photographier le quotidien et les moments de vie de ceux qui le souhaitent.

 

 Photographie de portrait : © Damail Photographe

 

 

Commentaires (6)

1. betton-anne (site web) 19/10/2014

Bonjour Aurore ! Oui, c'est bien ça, vous pouvez me contacter en mp pour plus d'informations, via contact@annebetton-photographe.com :)

2. Aurore 16/10/2014

Bonsoir Anne,

Merci pour ce beau parcours où, bien qu'il soit très différent du mien, je me suis un peu reconnue.
Une petite question: ce professeur Sarfati, c'est bien Yves Sarfati, n'est-ce pas?
C'est ce que j'ai trouvé sur le net:
http://www.crpm.univ-paris-diderot.fr/spip.php?article300

Juste histoire d'être sûre qu'il s'agisse de la même personne. :)

Merci!!

Aurore

3. Mathieu LEFEVRE (site web) 05/10/2014

Bonjour Anne,

Nous nous sommes croisés par hasard à Clichy, rencontre improbable de photographe.

Je découvre votre site et votre projet, dont je trouve très belle l'initiative et pour lequel je vous souhaite bonne continuation et surtout réussite.

Bien cordialement,

4. Yann 08/09/2014

Bonjour Anne,
Excellente Initiative, je tombe par hasard via viadeo sur votre page, ma maman est bipolaire également, il nous a fallu longtemps pour mettre un nom sur son comportement,en ce moment on s'occupe d'elle pour la placer dans un espace adapté, on découvre ce que cette maladie peut être pénalisante pour soi et pour son environnement. Votre travail est indispensable pour faire bouger les lignes.
Bonne continuation
Yann

5. delorme michele 16/07/2014

Bravo j aimerais prendre contact avec vous sur mon e mail

6. Chris 07/07/2014

Bravo, merci

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