Détails du projet
Donnons un visage à la maladie psychique...
Titre définitif du projet : Donnons un visage à la maladie psychique
Phrase d'introduction : Projet photographique visant à nous destigmatiser en montrant au grand public que nous sommes comme tout le monde, que nous n'avons pas à nous cacher ou à avoir honte de pathologies dont nous ne sommes pas responsables et avec lesquelles nous apprenons à vivre !
Catégorie(s) du projet : Art / Solidarité / Photographie / Photo d'art / Photo-reportage
Vidéo de présentation : Ci-dessous (durée : 6'30")
PRESENTATION
De formation artistique, les évènements de la vie m’ont amené à faire le choix de quitter ce domaine. J’ai également décidé consciemment de m’orienter vers d’autres activités, plus bénéfiques, lorsque je me suis rendue compte que j’étais plus créative dans la souffrance. En m’inscrivant à des cours de photographie en 2013 j’ai renoué avec ce domaine et ai souhaité m'en servir pour mettre en avant les personnes rencontrées ces dernières années, dans le cadre de ma bipolarité, ainsi que ceux et celles qui traversent ou ont traversé les mêmes difficultés et qui me contactent directement (voir mes coordonnées détaillées sur le formulaire "Contact" du site).
En faisant ces photos, en discutant avec les personnes qui m’ont fait confiance, je me suis aperçue que l’exclusion sociale était souvent au centre du problème. Parce que le malade s’exclue de lui-même, par honte, mais aussi parce que la société lui ferme les portes. Nous avons peur de ce que nous ne connaissons pas, cela est valable dans tous les domaines. Et la psychiatrie est, je pense, le domaine médical où il reste le plus à découvrir. On connait mieux, mais pas suffisamment, tous les processus qui vont amener une personne à développer telle ou telle pathologie. Mais une chose est sûre : ce n’est pas contagieux ! Aux difficultés d’intégration, viennent souvent se greffer des difficultés financières et une méconnaissance des nouvelles technologies : je me suis rendue compte que peu ont un accès internet, peu ont un forfait téléphonique au profit de cartes prépayées qu’ils ne peuvent s’offrir que lorsqu’ils en ont les moyens… Ceci les isole encore davantage et souvent, pour les personnes qui ne sont pas encore stabilisées, leurs seuls contacts sont avec les soignants et les autres patients. Ainsi, beaucoup ne vivent qu’en vase clos.
Lors de mon enquête préliminaire, je me suis aperçue que la photographie sociale avait représenté visuellement ce que tout le monde nomme « la déficience mentale ». Mais peut se sont attardés sur les souffrances invisibles que sont les maladies psychiques. Effectivement, nous ne sommes plus au début du 19ème siècle, il n’y a plus ou presque plus d’images choc à montrer telle que la contention, l’enfermement, la camisole… Les progrès considérables de l’industrie pharmaceutique permettent aujourd’hui à bon nombre d’entre nous de vivre normalement, d’avoir un travail et une vie de couple, voire de famille. Mais de cet aspect, on ne parle pas ou que trop peu, ce n’est pas « vendeur ». En parallèle, les termes « Bipolaire » et « Schizo » sont devenus à la mode et beaucoup les emploient, notamment les journalistes, sans savoir de quoi ils parlent. Et pourtant on s’aperçoit que, malgré les communications sur ces pathologies, elles ne sont pas plus acceptées qu’avant. Il n’y a qu’à constater combien de personnes ayant des troubles psy ont été embauchées dans le cadre de la loi imposant un « quotas » de 6% de personnes ayant une reconnaissance de travailleur handicapé… Je vous invite à vous renseigner. Peu de chiffres existent, mais nous savons qu’il y a une réelle discrimination, notamment parce que les pathologies peuvent altérer momentanément les capacités si la personne n’est pas stabilisée.
J'ai rencontré beaucoup de personnes et ai été accueillie (très) chaleureusement chez elles alors même qu’au début le projet n’était pas bien défini, alors même que certaines pouvaient avoir des pathologies faisant peur au grand public… Chaque rencontre est une belle découverte. Je me suis aperçue que peu d’entre eux avaient une réelle conscience de leur valeur, de leurs capacités, de leur intelligence (et oui ! même pour ceux qui ont eu le bac avec mention)… Ils ont une soif de reconnaissance que la société ne leur offre pas. J’ai donc décidé de m’engager à leur côté.
La finalité de cette démarche photographique est l’exposition, leur exposition, afin de sensibiliser le grand public, Monsieur et Madame Tout le monde, et non pas la seule élite fréquentant habituellement les expositions, car nous sommes tous concernés.